Ce que le calendrier distingue selon les entreprises

La réforme porte notamment sur les opérations entre entreprises assujetties à la TVA établies en France, entrant dans le champ de la TVA française et soumises aux règles françaises de facturation. Elle ne signifie pas que toutes les factures, quels que soient leur destinataire et leur nature, emprunteront un circuit identique.

Le calendrier publié par la DGFiP distingue la taille de l’entreprise et le sens du flux.

Entreprises concernéesCapacité de réceptionObligation d’émission et e-reporting, pour les opérations concernées
Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire1er septembre 20261er septembre 2026
PME et micro-entreprises1er septembre 20261er septembre 2027

Une PME peut donc recevoir, dès septembre 2026, une facture qu’un grand fournisseur est tenu d’émettre sous forme électronique, alors qu’elle n’a pas encore atteint sa propre échéance d’émission. Attendre 2027 pour s’intéresser au dispositif reviendrait à ignorer cette première obligation.

Le fait de ne pas facturer de TVA ne suffit pas non plus à se considérer hors du périmètre. La DGFiP précise que les franchisés en base et les micro-entrepreneurs sont concernés. Il faut distinguer l’assujettissement à la TVA de son paiement effectif.

D’autres situations demandent une qualification différente. Certaines opérations exonérées au titre des articles 261 à 261 E du Code général des impôts sont exclues des obligations d’émission et de transmission de données correspondantes. Cela n’efface pas nécessairement l’obligation de réception de l’entreprise en tant qu’acheteur professionnel.

Pourquoi un PDF envoyé par mail ne répond pas à la réforme

Une facture peut être numérique sans être une facture électronique au sens de ce dispositif. Un PDF ordinaire produit par un traitement de texte, ou une facture papier scannée puis envoyée par mail, ne suffit pas.

La définition rappelée par la DGFiP associe une émission, une transmission et une réception dématérialisées, un socle de données structurées et un acheminement par une plateforme agréée. Ce sont ces propriétés qui permettent le traitement des informations, au-delà de la simple lecture d’une image ou d’un document.

Il ne faut donc pas réduire la préparation à un bouton « exporter en PDF », ni conclure que toute présence d’un PDF rend une facture non conforme. Ce qui compte est le respect du format et du circuit requis, pas l’extension du fichier prise isolément.

La plateforme du fournisseur transmet la facture à celle de son client. Les deux entreprises peuvent utiliser des plateformes différentes. Une PME n’a pas à adopter automatiquement celle que son plus gros fournisseur a choisie.

Ce qu’il faut vérifier avec son comptable et son logiciel

La première discussion concerne la réception : quelle plateforme assurera ce rôle, comment les factures arriveront-elles jusqu’aux personnes qui les contrôlent, et comment seront-elles rapprochées de la comptabilité ?

La DGFiP décrit la plateforme agréée comme l’intermédiaire chargé de recevoir et de transmettre les factures. Elle assure aussi les transmissions de données réglementaires. Le statut d’un logiciel de gestion ou de facturation ne doit donc pas être déduit d’un simple argument commercial « compatible avec la réforme » : il faut comprendre par quel raccordement et avec quelle plateforme il fonctionne.

Cela n’implique pas, par principe, de remplacer tout le système de gestion. Avant d’engager une migration, il est plus utile d’obtenir des réponses concrètes :

  • Quelle plateforme agréée est retenue, et son statut a-t-il été vérifié auprès de l’administration ?
  • Le logiciel actuel peut-il s’y raccorder, directement ou par un service intermédiaire ?
  • Qui traite une facture rejetée, mal affectée ou dont les informations ne concordent pas ?
  • Comment l’entreprise retrouve-t-elle les factures et leurs informations si elle change d’outil ou de prestataire ?

Un essai de réception jusqu’au traitement comptable permet de dépasser la seule démonstration d’interface. Il met en évidence les données manquantes, les responsabilités floues et les étapes encore manuelles. Ces vérifications opérationnelles complètent le choix de la plateforme ; elles ne se confondent pas avec une nouvelle obligation juridique.

E-reporting, clients étrangers ou particuliers : ne pas tout confondre

L’e-reporting correspond à la transmission de données à l’administration. Il ne consiste pas à envoyer une facture électronique à un particulier par le même circuit que pour un client professionnel français.

La DGFiP distingue notamment les situations suivantes : les opérations B2B françaises entrant dans le champ de la réforme relèvent de la facturation électronique ; les opérations avec des particuliers ou certains clients professionnels établis à l’étranger relèvent de la transmission de données, selon leur périmètre fiscal. Une même entreprise peut être concernée par les deux dispositifs.

Il faut donc partir des opérations réelles : qui sont les clients, où sont-ils établis, quelle est la nature des ventes et quel régime de TVA s’applique ? Cette cartographie, examinée avec le professionnel qui suit la comptabilité, évite de confondre des flux qui n’ont pas les mêmes règles.

Pour une PME, l’enjeu immédiat de septembre 2026 est clair : être capable de recevoir les factures concernées et savoir qui les prendra en charge. La préparation de l’émission et de l’e-reporting se poursuit ensuite vers l’échéance de 2027, sans supposer que le travail se limitera à changer le format d’un document.